| La cigale, ayant cuisiné et lavé toute sa vie Se trouva fort dépourvue Quand la retraite fut venue. Pas un seul petit fonds Ni de régie, ni de pension. Elle alla réclamer son dû Chez le député qu'elle avait élu Le priant de lui faire verser Un peu d'argent pour subsister Maintenant qu'elle était vieille. "Tu me le dois, lui dit-elle, Pour les enfants que j'ai nourris Et qui vous ont enrichis." Les députés bavards et oublieux Pour les femmes âgées ne sont pas généreux. "Que faisais-tu à la maison Au lieu d'aller chercher salaire et pension?" "Nuit et jour, pour tout venant Je suais, ne vous en déplaise." "Tu suais? J'en suis fort aise. Eh bien ! sèche maintenant."  |